Top Gear UK : l’émission culte qui a réinventé l’automobile à la télévision
Difficile de parler d’automobile à la télévision sans évoquer Top Gear UK. Ce programme britannique culte, à mi-chemin entre revue automobile, comédie et show de divertissement, a durablement marqué des générations de passionnés comme de curieux. Si l’émission a vu le jour en 1977 dans un format plutôt classique, c’est surtout dans les années 2000, sous l’impulsion du trio Jeremy Clarkson, Richard Hammond et James May, qu’elle a explosé sur la scène internationale.
Avec son humour parfois corrosif, ses comparatifs farfelus, ses cascades spectaculaires et son mystérieux pilote The Stig, Top Gear a redéfini la manière de parler de voitures à la télévision. Bien plus qu’un simple guide d’achat ou une série d’essais techniques, l’émission est devenue un véritable phénomène de pop culture.
Plongeons ensemble dans l’histoire mouvementée de ce monument télévisuel, de ses débuts discrets à sa consécration mondiale.
Table des matières
Les débuts de l’émission : d’un magazine sérieux à un show culte
L’histoire de Top Gear commence en 1977 sur la BBC, sous la forme d’un magazine télévisé classique dédié à l’automobile. Présentée à l’origine par Angela Rippon et Tom Coyne, l’émission s’attache alors à tester des modèles récents, informer les téléspectateurs sur la sécurité routière ou encore discuter des problématiques liées à la circulation ou à la consommation de carburant. L’ambiance est studieuse, le ton didactique, et la réalisation sobre : Top Gear s’adresse avant tout à l’automobiliste quotidien.
Durant les années 1980 et 1990, l’émission gagne en notoriété au Royaume-Uni, notamment grâce à l’arrivée d’un certain Jeremy Clarkson en 1988. Son style provocateur, son humour incisif et ses critiques sans concession apportent un vent de fraîcheur et de polémique à une émission jusque-là assez sage. Clarkson devient rapidement une figure centrale du programme, dynamisant les audiences et marquant un tournant dans la tonalité.
Malgré tout, la formule s’essouffle à la fin des années 90. En 2001, la BBC décide d’arrêter Top Gear… pour mieux le relancer un an plus tard. En 2002, l’émission renaît sous une forme totalement repensée : un format d’une heure, un plateau avec public, des séquences scénarisées et humoristiques, des invités, et surtout un nouveau trio de présentateurs – Jeremy Clarkson, Richard Hammond, puis James May à partir de la saison 2. À leurs côtés, un pilote mystérieux vêtu de blanc et casqué, The Stig, devient une figure culte.
Ce reboot marque le début de l’âge d’or de Top Gear UK. L’émission se mue en un véritable show à l’anglaise, mélange de passion automobile, de comédie, de défis absurdes et de productions visuellement spectaculaires. Elle transcende le simple cadre de l’émission auto pour devenir un phénomène planétaire.
Les ingrédients du succès
Le phénomène Top Gear UK ne s’explique pas uniquement par la passion automobile : il repose sur une alchimie unique entre plusieurs ingrédients soigneusement dosés, qui en ont fait une référence du divertissement télévisé à l’échelle mondiale.
Un trio irrésistible
Jeremy Clarkson, Richard Hammond et James May : trois personnalités très différentes, mais complémentaires. Clarkson, le provocateur charismatique, Hammond, le « hamster » plein d’énergie et de bonne humeur, et May, le gentleman un peu rigide surnommé « Captain Slow ». Leur complicité, leurs chamailleries bon enfant et leurs blagues récurrentes créent une dynamique comique irrésistible, bien au-delà du cadre automobile.
Des défis absurdes mais brillamment exécutés
Qu’ils tentent de traverser le pôle Nord en pick-up, de construire des voitures amphibies ou de rouler en cabriolet dans la mousson indienne, les défis de Top Gear sont devenus légendaires. Ces séquences, mi-aventure mi-satire, captivent autant les amateurs de voitures que les spectateurs en quête de pur divertissement.
Une production visuelle spectaculaire
Chaque épisode est un bijou de réalisation : caméras embarquées, ralentis cinématographiques, paysages somptueux, mise en scène léchée… La BBC n’a jamais lésiné sur les moyens. Top Gear a contribué à redéfinir les standards visuels des émissions automobiles.
Des essais de voitures inoubliables
Essayer une Bugatti Veyron à plus de 400 km/h, comparer des supercars sur circuit ou tester une citadine en la malmenant joyeusement : les essais sont à la fois techniques, fun et accessibles. La touche d’humour y est toujours présente, mais la passion n’en est pas moins sincère.
L’invité de la semaine et la voiture raisonnable
Chaque émission accueille une célébrité qui tente de réaliser un tour rapide au volant d’une « voiture raisonnable ». C’est souvent l’occasion d’un entretien décalé et de quelques surprises en piste, contribuant à élargir l’audience au-delà des passionnés d’auto.
L’identité sonore et visuelle forte
Du générique mythique (tiré du morceau Jessica du Allman Brothers Band) aux gimmicks récurrents, Top Gear a su imposer une identité immédiatement reconnaissable, tout en cultivant l’auto-dérision et une distance assumée avec le monde trop sérieux de l’industrie automobile.
Moments cultes et séquences inoubliables
Top Gear UK n’a pas seulement testé des voitures : l’émission a produit certains des moments les plus mémorables de l’histoire de la télévision automobile — parfois grandioses, parfois absurdes, souvent hilarants, mais toujours inoubliables.
La traversée du pôle Nord en pick-up
En 2007, Clarkson et May tentent un exploit fou : atteindre le pôle Nord magnétique en Toyota Hilux modifiée. Entre alcool, GPS en panique et glace fondante, cette expédition est à la fois un documentaire de survie et un sketch permanent, prouvant que Top Gear savait sortir des sentiers battus — littéralement.
La course avion vs voiture
Mettre une Bugatti Veyron face à un avion de chasse ou une Aston Martin DB9 contre un TGV ? C’est le genre de défis insensés que l’émission a érigés en art. Ces courses mêlent tension, beauté visuelle et humour british, pour un résultat purement télévisuel.
La destruction de voitures pour de “bonnes” raisons
Qu’il s’agisse de prouver qu’une Toyota Hilux est indestructible en la jetant d’un immeuble, ou de transformer un Renault Espace en cabriolet, les expériences “scientifiques” des animateurs finissent souvent en carnage mécanique. Les puristes crient au sacrilège, les spectateurs jubilent.
Les road trips épiques
De la Birmanie à la Patagonie en passant par le Botswana, les longs périples de Top Gear sont des mini-films d’aventure, avec paysages à couper le souffle, voitures inadaptées, et disputes mythiques. Entre humour, dépaysement et galères, ces épisodes sont devenus les préférés des fans.
L’hovercraft de May, la voiture fusée d’Hammond et les inventions absurdes
Quand les animateurs se prennent pour des ingénieurs, le résultat est souvent catastrophique mais hilarant : voitures amphibies, citadine transformée en limousine, véhicule pour « personnes âgées »… Le génie bricoleur de l’émission repose autant sur les échecs que sur les idées.
Le Stig
Le Stig, mystérieux pilote en combinaison blanche, est devenu une icône. Sa froideur robotique, ses temps au tour implacables et ses présentations absurdes par Clarkson (« Certains disent qu’il pleure du carburant… ») ont fait de lui une légende silencieuse, de mêmes que ses « cousins » locaux lors de certains road trips à l’étranger :
The American Stig – USA Special (2007)
Un Stig musclé, bedonnant et moustachu, amateur de donuts et de pick-ups. Il représente le cliché du pilote américain, et sert à tester les voitures dans l’épisode où le trio traverse le sud des États-Unis.
Gimmick : il n’aime pas les voitures européennes, surtout françaises.
The African Stig – Botswana Special (2007)
Apparaît brièvement au volant d’une voiture sur une piste de sel. Il finit tragiquement, englouti dans les marais salants.
Gimmick : une très courte apparition, pour une fin absurde et brutale.
The Teenage Stig – Teenage Challenge (S12E6)
Porte un sweat à capuche, traîne des pieds, écoute de la musique bruyante et ne respecte rien.
Gimmick : représentation du « jeune typique » désintéressé par la conduite.
The Stig’s Vegetarian Cousin – Episode S13E2
Apparaît pour conduire une Toyota Prius. Habillé en vert, il dégage une aura paisible.
Gimmick : anti-essence et écolo jusqu’au bout des pneus.
The Stig’s Italian Cousin – Episode S14E2 (Italie)
Stylé, passionné, probablement en Vespa à ses heures perdues.
Gimmick : l’élégance latine au service de la vitesse.
The Stig’s Chinese Cousin – China Special (2011)
Habillé en soie traditionnelle, il pilote avec philosophie.
Gimmick : zen et calme, mais redoutable sur piste.
The Stig’s Angry Scottish Cousin – Episode S15E1 (Écosse)
Port du kilt, conduite très agressive.
Gimmick : hurle, jette son casque, a l’air de détester tout le monde.
Le Saviez-Vous ?
Michael Schumacher est apparu déguisé en Stig dans l’épisode 1 de la saison 13 de Top Gear UK, diffusé le 21 juin 2009 :
Jeremy Clarkson annonce en grande pompe que l’identité du Stig va enfin être révélée. Le Stig entre en scène, retire son casque… et c’est Michael Schumacher. Il venait d’effectuer un tour chronométré à bord de la Ferrari FXX, qu’il possédait personnellement.
Ce fut une blague scénarisée. Michael Schumacher n’était pas le Stig officiel mais avait exceptionnellement pris le volant car la Ferrari FXX exigeait un pilote expérimenté et homologué Ferrari. Le « vrai » Stig à l’époque (le White Stig) était toujours Ben Collins, encore anonyme au moment de la diffusion.
Les voitures stars de Top Gear
L’émission Top Gear n’a jamais été un simple défilé de véhicules, mais un véritable théâtre où certaines voitures sont devenues des personnages à part entière. Entre icônes de l’automobile, délires mécaniques et modèles improbables, certaines machines ont marqué durablement la mémoire des fans.
Des supercars en pagaille
Aucun épisode de Top Gear ne serait complet sans une supercar hurlant sur la piste. Des Ferrari 458 Italia à la Bugatti Veyron, en passant par la Lamborghini Aventador ou la McLaren P1, l’émission a offert aux téléspectateurs des comparatifs aussi esthétiques que bruyants.
Mention spéciale pour la Bugatti Veyron, que James May avait eu le privilège de pousser à plus de 400 km/h sur une piste d’essai, dans une séquence devenue légendaire.
Les « reasonably priced cars »
Au fil des saisons de Top Gear UK, la rubrique culte « Star in a Reasonably Priced Car » a vu défiler une impressionnante galerie de célébrités venues tester leur talent de pilote sur le circuit maison au volant de voitures modestes. Sous l’ère Clarkson, Hammond et May, ce segment combinait humour, interviews décalées et chronos parfois surprenants. Des stars britanniques comme Rowan Atkinson (Mr. Bean), passionné de pilotage, ou Simon Cowell, le redouté juge de X Factor, ont pris le volant, tout comme des stars internationales telles que Tom Cruise et Cameron Diaz, qui ont marqué l’émission avec des performances étonnamment compétitives. Même des personnalités politiques et sportives, comme l’ancien footballeur David Beckham ou l’archevêque d’York John Sentamu, se sont prêtées au jeu, prouvant que la Reasonably Priced Car – qu’il s’agisse de la Suzuki Liana, de la Chevrolet Lacetti ou de la Kia Cee’d – pouvait offrir son lot de surprises… et de tête-à-queue mémorables. Ce rendez-vous hebdomadaire devenait souvent l’un des moments les plus attendus des fans.
Les prototypes absurdes et créations maison
Top Gear, c’est aussi l’art de transformer des épaves en prototypes loufoques. On se souvient de :
La voiture amphibie : Pickup Toyota, Combi Volkswagen et Triumph Herald, transformés pour traverser la Manche.
La voiture fusée : Reliant Robin transformée en navette spatiale.
La voiture-camping car : construite par Jeremy sur une base de Citroën CX break pour « améliorer » les vacances.
L’Overvan : van Ford Transit transformé en aéroglisseur pour résoudre les problèmes de circulation lors des crues en Angleterre.
Ces véhicules bricolés sont devenus mythiques, témoins de l’ingéniosité (ou folie) du trio.
Des voitures stars dans les road-trips
Chaque special offrait l’occasion à des modèles parfois dépassés de briller à nouveau. Parmi eux :
| Spécial | Lieu | Voitures emblématiques |
|---|---|---|
| Vietnam Special (S12E8) | Viêt Nam | Honda C90, Minsk, Vespa — des motos au lieu de voitures, un épisode culte ! |
| Botswana Special (S10E4) | Botswana | Jeremy : Lancia Beta Coupé / Hammond : Opel Kadett (« Oliver ») / James : Mercedes 190E |
| Bolivia Special (S14E6) | Amérique du Sud | Clarkson : Range Rover / Hammond : Toyota Land Cruiser / May : Suzuki SJ413 |
| Burma Special (S21E1–2) | Birmanie (Myanmar) | Camions d’occasion restaurés, dont un Bedford, un Isuzu et un Hino |
| Patagonia Special (S22E1–2) | Argentine-Chili | Porsche 928 GT (plaque controversée), Lotus Esprit, Ford Mustang Mach 1 |
| Middle East Special (S16E1) | Turquie, Syrie, Jordanie | Mazda MX-5, BMW Z3, Fiat Barchetta — transformés en « voitures des Rois Mages » |
| India Special (S17E7) | Inde | Jaguar XJS, Mini Cooper, Rolls Royce Silver Shadow — avec de nombreuses modifications absurdes |
| Africa Special (S19E6–7) | Afrique | Subaru Impreza WRX, BMW 528i, Volvo 850R — mission : trouver la source du Nil |
Dérapages et polémiques
Le succès planétaire de Top Gear UK s’est toujours accompagné d’un parfum de controverse. Avec leur ton irrévérencieux, leur humour parfois douteux et leur goût pour la provocation, les présentateurs ont souvent franchi la ligne rouge — volontairement ou non — suscitant une avalanche de critiques, d’excuses publiques, voire d’interventions diplomatiques.
Clarkson, l'homme-orchestre des polémiques
Jeremy Clarkson est au cœur de la majorité des dérapages ayant entaché la réputation de l’émission. Ses propos sur les cyclistes, les grévistes, les Mexicains, les Argentins, ou encore sur l’environnement ont régulièrement déclenché la colère de téléspectateurs, d’associations ou de gouvernements.
L’une des polémiques les plus célèbres est survenue lors du Patagonia Special, où la plaque d’immatriculation de sa Porsche 928 GT — « H982 FKL » — fut interprétée comme une provocation liée à la guerre des Malouines, provoquant des manifestations et la fuite précipitée de l’équipe hors d’Argentine :
« H982 » : cette partie de la plaque a été vue comme une référence à 1982, l’année de la guerre des Malouines (Falklands War en anglais), qui a opposé le Royaume-Uni et l’Argentine.
« FKL » : ces trois lettres ont été interprétées comme une abréviation de Falklands, le nom anglais de l’archipel des Malouines, revendiqué par l’Argentine sous le nom de Islas Malvinas.
Humour douteux et accusations de racisme
Plusieurs séquences ont été critiquées pour leur humour perçu comme raciste ou xénophobe. Un exemple marquant : la description des Mexicains comme « paresseux et ennuyeux » a suscité un tollé et une demande formelle d’excuses de l’ambassadeur du Mexique. D’autres épisodes ont heurté des sensibilités par l’usage de stéréotypes nationaux à outrance, souvent dans les road trips à l’étranger.
Incident de 2015 : la gifle de trop
Le point de non-retour est atteint en mars 2015 lorsqu’un incident éclate entre Clarkson et un producteur de l’émission, Oisin Tymon. L’animateur, furieux de ne pas avoir eu de repas chaud après une journée de tournage, en serait venu à des insultes puis à des coups. Ce comportement entraîne la non-reconduction de son contrat par la BBC, marquant la fin d’une ère. Hammond et May décident de ne pas continuer sans lui, et les trois compères rebondissent peu après sur Amazon Prime avec The Grand Tour.
L'héritage d'une émission libre et controversée
Si ces dérapages ont nui à l’image de Top Gear, ils ont aussi forgé sa légende. L’émission a toujours revendiqué sa liberté de ton, quitte à flirter dangereusement avec les limites du politiquement correct. Cet esprit rebelle fait partie intégrante de son ADN, et explique aussi pourquoi elle reste à ce jour une référence inégalée dans le monde des émissions automobiles.
Après Top Gear : The Grand Tour et les nouveaux visages
Lorsque Jeremy Clarkson est évincé de Top Gear en 2015 à la suite d’une altercation avec un producteur, c’est toute l’alchimie du trio mythique Clarkson-May-Hammond qui explose à la BBC. Mais ce départ ne marque pas la fin de leur aventure télévisuelle : dès 2016, le trio rebondit avec The Grand Tour, une nouvelle émission produite par Amazon Prime Video, au budget colossal et à l’ambition planétaire.
The Grand Tour, la suite spirituelle
Le concept reste proche de Top Gear : des essais de voitures délirants, des voyages épiques, un humour corrosif, et une mise en scène soignée. Mais The Grand Tour se libère des contraintes du format BBC. Les saisons alternent entre studios sous chapiteau, road trips spectaculaires (Namibie, Mongolie, Scandinavie…), et défis absurdes. Si l’effet de surprise s’amenuise avec le temps, l’émission reste un rendez-vous prisé des fans.
La BBC à la recherche d’un nouveau souffle
Pendant ce temps, Top Gear continue… tant bien que mal. Chris Evans et Matt LeBlanc reprennent le flambeau, mais peinent à convaincre. C’est finalement l’arrivée de Chris Harris, Rory Reid, Paddy McGuinness et Freddie Flintoff qui redonne un second souffle à l’émission. Exit les excentricités trop forcées : Top Gear revient à l’essai automobile pur, avec un ton plus authentique. Moins provocant, mais plus crédible, le programme réussit à reconquérir une partie du public.
Deux héritages, deux philosophies
Pendant plusieurs années, Top Gear et The Grand Tour coexistent comme les deux facettes d’un même héritage. Le premier reste la vitrine automobile officielle de la BBC, plus sage mais toujours populaire. Le second, porté par Amazon, est devenu un show événementiel, rare mais toujours spectaculaire.
Dans le cœur des passionnés, chacun a sa préférence — mais tous s’accordent à dire que le trio original a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire de l’automobile à la télévision.
La fin d'une époque
En 2023, Top Gear UK est officiellement mis en pause par la BBC, à la suite d’un grave accident subi par Freddie Flintoff lors d’un tournage. Si aucune annulation formelle n’est annoncée, les perspectives de reprise sont minces, et la production admet qu’aucune nouvelle saison n’est en cours.
Du côté de The Grand Tour, Amazon annonce en 2024 que le programme s’achèvera avec ses derniers épisodes spéciaux déjà tournés, marquant la fin de l’aventure pour Clarkson, Hammond et May. Ainsi s’éteignent deux émissions qui auront redéfini la manière de parler automobile à la télévision pendant plus de deux décennies. Une page se tourne, mais leur héritage continue d’inspirer passionnés et créateurs.
Top Gear et la passion automobile
Une célébration de la voiture sous toutes ses formes
Sous ses couches d’humour, de provocations et d’explosions spectaculaires, Top Gear a toujours été, avant tout, une déclaration d’amour à l’automobile. Des supercars les plus inaccessibles aux citadines les plus improbables, chaque véhicule y trouve sa place – parfois encensé, parfois tourné en ridicule, mais toujours avec passion.
Qu’il s’agisse de tester la Bugatti Veyron à 400 km/h, de traverser le Botswana au volant d’épaves poussiéreuses, ou de comparer des breaks familiaux sur circuit, l’émission a toujours su magnifier ce qui fait battre le cœur des amateurs de bagnoles : la mécanique, le style, le bruit, le frisson.
Une ode à l’aventure, la liberté, la vitesse (et à la mauvaise foi joyeuse)
Top Gear, c’est aussi une philosophie : celle de l’évasion, de l’imprévu, du plaisir de rouler, parfois loin de toute rationalité. Les road trips aux quatre coins du monde n’étaient jamais de simples essais prolongés : ils racontaient des histoires, avec de l’humour, de l’amitié, et souvent… de la mauvaise foi assumée.
Jeremy Clarkson, Richard Hammond et James May ont construit un univers où l’on peut se chamailler sur la meilleure propulsion, repeindre une voiture en rose pour agacer ses collègues, ou prouver qu’un pickup peut devenir un hors bord. Une manière unique de parler de voitures, en faisant vibrer autant le passionné de mécanique que le téléspectateur du dimanche soir.
En somme, Top Gear aura marqué l’histoire de la télévision non seulement comme une émission culte, mais comme un hymne vibrant à la passion automobile, dans tout ce qu’elle a de plus noble, de plus absurde et de plus jouissif.
Conclusion : Top Gear, bien plus qu’une émission automobile
Top Gear UK n’a jamais été une émission automobile comme les autres. Sous ses airs de divertissement à grand spectacle, elle a su capturer l’essence même de ce qui lie tant d’amateurs à l’automobile : la passion, l’adrénaline, la nostalgie, et une bonne dose d’irrévérence. En mariant habilement l’information technique à l’humour absurde, en transformant chaque voiture testée en personnage d’un scénario improvisé, Top Gear a transcendé les frontières du simple magazine pour devenir un phénomène culturel mondial.
De la rugosité assumée de Clarkson à la sensibilité technique de May, en passant par l’enthousiasme adolescent de Hammond, l’alchimie du trio a rendu chaque épisode mémorable. Même après leur départ, l’empreinte laissée par ces années de dérapages contrôlés et de fous rires reste vivace dans le cœur des fans.
Aujourd’hui, alors que Top Gear et The Grand Tour ont tiré leur révérence, l’héritage de l’émission continue d’inspirer des générations de passionnés. Car au fond, ce que Top Gear nous a appris, c’est que l’automobile n’est pas qu’un moyen de transport : c’est une aventure, une émotion, une folie douce… et parfois, un bon vieux prétexte pour chambrer ses copains.
Le Mot du Bagnolard
Pendant longtemps, les émissions automobiles à la télé, c’était Turbo et Auto Moto. Sérieuses, bien mises, un brin convenues… et soyons honnête : un peu fades. Mais c’était tout ce qu’on avait, alors on s’en contentait.
Et puis un jour, dans les années 2010, Top Gear UK débarque sur RMC Découverte. Et là, je prends une claque monumentale. Humour british au vitriol, défis absurdes, transformations improbables (qui peut oublier la Panda limousine de Clarkson ?), séquences mythiques (le test de la Reliant Robin, ou l’épisode culte sur British Leyland…). C’était drôle, imprévisible, audacieux — du jamais vu à la télé auto.
Quand le trio magique a quitté la BBC, j’ai craint le pire. Puis The Grand Tour est arrivé, et avec lui, encore des années de pur bonheur télévisuel. Aujourd’hui que tout est terminé, j’ai l’étrange sentiment d’avoir assisté à une époque unique, presque mythique.
Certains youtubeurs tentent de raviver la flamme, parfois avec brio. Mais un trio comme Clarkson–Hammond–May, c’est une alchimie rare. Et Clarkson, surtout, est de ces figures qu’on ne remplace pas.
Les saisons suivantes sur la BBC et même les versions françaises de Top Gear, malgré leurs efforts sincères, n’ont jamais pu égaler la folie douce de l’original.
Heureusement, il est possible de (re)voir les différentes saisons en français ou en anglais en rediffusion pour prolonger la magie…
Où (re)voir Top Gear UK et The Grand Tour ?
Sur la TV (en replay ou en direct) ?
Top Gear UK : disponible en streaming sur Prime Video (certaines saisons uniquement, en anglais sous-titré ou en français), parfois sur les chaines RMC Découverte ou L’Equipe 21 (en français) et en continu sur la chaine BBC Top Gear de Molotov TV (en français )!
The Grand Tour : exclusivement sur Prime Video, avec tous les épisodes spéciaux à retrouver dans la rubrique « The Grand Tour Presents ».
Coffrets DVD/Blu-ray
Pour les nostalgiques ou les puristes, des coffrets thématiques et saisons complètes sont disponibles :
Top Gear UK : Greatest Road Trips, The Challenges, saisons classiques Clarkson/Hammond/May…
The Grand Tour : quelques éditions en import.
En vente sur Amazon, eBay et les boutiques de produits dérivés automobiles (y-compris le site de la BBC).
Et sur Youtube ?
La chaîne officielle Top Gear YouTube propose (en anglais, parfois sous-titré en français) :
Des extraits cultes et moments forts
Des playlists et compilations thématiques (Top Gear Challenges, road trips, le Stig, reasonably priced car…)
Un excellent moyen de se replonger dans l’univers déjanté de l’émission… où que vous soyez !
Hommage à Sabine Schmitz
Sabine Schmitz, surnommée affectueusement la « Reine du Nürburgring« , a marqué l’histoire de Top Gear par son audace, son humour et son immense talent de pilote. Déjà célèbre pour avoir été l’une des premières femmes à remporter les 24 Heures du Nürburgring, elle est entrée dans la légende populaire avec le « Ring Taxi », une BMW M5 dans laquelle elle emmenait les passagers pour un tour décoiffant de la redoutable boucle nord (Nordschleife). Elle est apparue pour la première fois dans Top Gear dans un épisode mémorable où, après avoir vu Jeremy Clarkson boucler un tour du circuit en 10 minutes avec une Jaguar S-Type, elle l’a battu avec un Ford Transit (!) presque aussi rapide. Son charisme et ses compétences exceptionnelles l’ont ensuite conduite à rejoindre officiellement l’équipe d’animateurs lors de la relance de l’émission en 2016. Disparue prématurément en 2021, Sabine Schmitz reste dans les mémoires comme une pilote légendaire et une figure incontournable de l’esprit Top Gear : passionnée, drôle et résolument badass.
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