Mercedes W124 : le char d’assaut inusable qui défie le temps
Dans un paysage automobile en constante évolution, certaines voitures transcendent leur époque et s’imposent comme de véritables icônes. La Mercedes W124 est l’une de ces légendes intemporelles. Conçue à une période où l’ingénierie et la durabilité étaient les maîtres-mots, ce véhicule représentait un engagement fort envers la qualité et la fiabilité. Il incarnait une promesse de robustesse, de confort et d’une longévité exceptionnelle, des qualités qui demeurent pertinentes aujourd’hui.
Cet article explore les raisons pour lesquelles la W124 continue de fasciner et de prouver sa valeur des décennies après sa production. Nous plongerons au cœur de ses caractéristiques techniques et de sa conception pour comprendre pourquoi elle est toujours considérée comme une acquisition judicieuse sur le marché actuel, défiant le passage du temps kilomètre après kilomètre.
Table des matières
Une Mercedes à l’ancienne : conçue pour durer 800 000 km
Avant que les directions marketing ne remplacent les ingénieurs au moment de signer les fiches techniques, Mercedes-Benz savait concevoir des voitures comme on construit un immeuble haussmannien : pour traverser les époques avec dignité. Et parmi ces constructions sérieuses, la W124 fait figure de chef-d’œuvre. Pas clinquant. Pas spectaculaire. Mais construite avec la rigueur allemande et la fiabilité d’une mécanique suisse, pensée pour durer bien au-delà de ce que le marché attendait.
La digne héritière de la W123
La W123, produite de 1976 à 1985, était déjà une référence : taxis par milliers, moteurs increvables, tableau de bord aussi sexy qu’une planche à repasser mais quasi indestructible. Elle posait les bases. Mais la W124 allait aller encore plus loin.
Mercedes met 8 ans à développer la remplaçante de sa berline intermédiaire, avec une idée en tête : construire une voiture moderne, aérodynamique, mais sans renier l’héritage maison. Objectif : zéro compromis sur la fiabilité, et des prestations techniques au-dessus du lot, même pour une voiture censée être « rationnelle ».
Ci-dessous : comparaison du style des W123 et W124.
Pensée dans les moindres détails
À sa sortie en 1984, la W124 frappe par son sérieux :
Cx de 0,29, exceptionnel pour l’époque, grâce à un capot plongeant et une lunette arrière très inclinée
Portes à triple épaisseur, insonorisées comme une bibliothèque municipale
Train arrière multibras à 5 éléments, gage d’un confort et d’une tenue de route encore bluffants aujourd’hui
Tôle traitée contre la corrosion, peinture de qualité, ajustements précis : tout a été pensé pour affronter le temps, les kilomètres… et les portières qu’on ferme un peu trop fort.
Des moteurs pensés pour les générations suivantes
Essence ou diesel, 4, 5, 6 ou 8 cylindres : tout ce qui tourne sous le capot d’une W124 a été pensé pour encaisser. Les blocs sont souvent surnommés « million-kilometer engines ». Et ce n’est pas une légende urbaine : certaines 250D ont dépassé les 800 000 km avec leur moteur d’origine, n’ayant eu besoin que d’huile, de filtres, et d’un peu de patience.
Même les versions les plus modestes, comme la 200D atmosphérique (75 ch en conditions idéales), accumulent les kilomètres avec une endurance que bien des voitures plus récentes leur envieraient. Ce n’est pas rapide, mais c’est constant. Et surtout, ça ne lâche pas.
Entretien : la simplicité allemande, avant les turbos capricieux et les sondes à foison
La W124 est encore entièrement mécanique ou presque :
Pas d’électronique intrusive sur les versions de base
Capteurs réduits à l’essentiel
Boîte automatique fiable, surtout avec vidange régulière
Équipements électriques (vitres, toit ouvrant) réparables avec un tournevis et un peu de méthode
Une époque révolue
Ce genre de conception coûte cher. Trop cher. Déjà à l’époque, les marges étaient minimes sur les versions de base. C’est pourquoi la W210 qui lui succédera, dès 1995, marquera une rupture : plus de plastique, plus d’électronique… et plus de soucis.
Avec la W124, Mercedes referme une parenthèse glorieuse où l’ingénierie passait avant le marketing. Une époque où l’on n’achetait pas une voiture pour 3 ans de LLD, mais pour la transmettre à ses enfants. Et à ceux d’après.
Une gamme tentaculaire pour tous les usages
Avec la W124, Mercedes n’a pas simplement conçu une berline. Il a construit une plateforme pour répondre à (presque) tous les besoins imaginables, du taxi diesel qui affronte les bouchons au coupé bourgeois, du break familial au cabriolet chic, sans oublier la limousine de chancellerie… et même une brute de 326 chevaux préparée par Porsche. Oui, tout ça, dans la même famille.
Berline (W124) : le cœur du système
C’est une version qu’on aperçoit encore occasionnellement sur nos routes, souvent conduite par un propriétaire attaché à l’entretien maison. Avec sa silhouette discrète, ses proportions équilibrées et son vaste coffre, la berline W124 incarne parfaitement le sérieux et la rigueur de l’automobile allemande des années 80–90.
Break (S124) : la Mercedes de ceux qui ont des chiens et du goût
Le break W124, ou « T-Modell », c’est l’aristocratie du break. Grand coffre, troisième rangée optionnelle (deux strapontins tournés vers l’arrière), finitions identiques à la berline, et une suspension arrière à correcteur d’assiette automatique, s’il vous plaît. Le genre de voiture où l’on charge un buffet Louis XV sans jamais faire de bruit.
Coupé (C124) : la W124 qui sort en chemise blanche
Basé sur la berline mais plus court, plus bas et sans montants de portes, le coupé W124 est une rareté discrète. Il ne cherche pas à impressionner, mais développe un charme feutré, avec des finitions souvent haut de gamme et des moteurs 6 cylindres.
Cabriolet (A124) : la version rare et déjà collector
Arrivé tardivement (1991), le cabriolet W124 est le seul cabriolet Mercedes à quatre vraies places des années 90. Capote électrique, arceaux dissimulés, finitions soignées : il vise une clientèle exigeante. Produit à environ 30 000 exemplaires, il est déjà très recherché.
Limousine (V124) : la grande discrète des ambassades
Version allongée de la berline, la W124 Limousine offre un empattement étiré de 80 cm, dédié exclusivement aux places arrière. Elle vise les ambassades, les entreprises de représentation et quelques ministères discrets. Proposée uniquement avec les motorisations 6 cylindres, elle conjugue confort princier et fiabilité de char d’assaut.
Les moteurs : de la lenteur solide au muscle discret
Diesel atmosphérique et turbo diesel (les « tracteurs d’autoroute »)
200D : 2.0 L, 4 cylindres, 75 ch – la plus modeste, mais aussi la plus increvable.
250D : 5 cylindres, 90 à 113 ch selon les versions – très répandues, bon compromis entre sobriété et utilisabilité.
250D Turbo : 5 cylindres, 126 ch (versions turbo reconnaissables avec des « ouies » sur l’aile avant droite) – la berline idéale pour rouler loin, longtemps, et toujours à bon régime, sans jamais forcer ni fatiguer.
300D / 300TD : 6 cylindres, 113 à 147 ch (en version turbo, reconnaissable avec ses « ouies » sur l’aile avant droite) – c’est la favorite des gros rouleurs et des taxis.
Ce sont ces versions qui ont construit la réputation de la W124, notamment en Afrique, où une 250D « bien réglée » est encore considérée comme une promesse de longévité.
Essence : de l’urbain sage au V8 incognito
200E / 230E / 260E : 4 et 6 cylindres, 109 à 160 ch – moteurs doux, coupleux, très présents en Europe.
300E : 6 cylindres en ligne, 180 à 220 ch – la bourgeoise pressée, fluide et silencieuse.
400E / 420E / 500E : V8, jusqu’à 326 ch – peu diffusées, mais redoutables.
Finitions, boîtes, options : l’embarras du choix
Selon les pays, les années et les finitions (Classic, Elegance, Sportline, Avantgarde), on pouvait avoir :
Boîte manuelle 4 ou 5 rapports, ou automatique 4 rapports (très répandue et d’une douceur remarquable)
Suspensions raffermies ou auto-nivelantes (sur les breaks)
Intérieurs tissu, velours ou cuir, bois ronce de noyer en option
Toit ouvrant, sièges chauffants, climatisation automatique, ABS, régulateur de vitesse…
Mais toujours avec un souci de sobriété fonctionnelle : pas de gadgets inutiles, juste des équipements pensés pour durer.
Trois W124 emblématiques
200D / 250D – La reine du périphérique
Elle ne paye pas de mine, elle n’a jamais dépassé les 140 km/h sans vent dans le dos, mais elle est partout. Taxi, véhicule de fonction, voiture de papy, exportée aux quatre coins du globe…
La 250D, avec son 5 cylindres, reste aujourd’hui la plus recherchée des diesels, alliant endurance et agrément. Certains exemplaires dépassent les 700 000 km avec leur moteur d’origine.
Fiable, rustique, et tellement Mercedes dans son humilité.
300E – L’équilibre parfait
6 cylindres en ligne, confort princier, tenue de route sereine, consommation encore raisonnable.
C’est la Mercedes du cadre supérieur, celle qui file sur autoroute à 180 km/h sans effort, dans un silence religieux.
Elle vieillit bien, et reste un excellent choix pour qui cherche une classique à rouler tous les jours.
500E / E 500 – Le missile discret
Co-développée avec Porsche, assemblée à la main à Zuffenhausen, elle cache sous son capot un V8 5.0 L de 326 ch. Voie élargie, posture basse, et look quasi anonyme, c’est l’un de mes sleepers préférés !
La super-berline avant l’heure, capable de doubler une Ferrari Testarossa avec des gants en cuir beige et un air de ne pas y toucher.
Aujourd’hui, c’est une icône youngtimer cotée et chérie par les puristes.
Ci-dessous : seul les amateurs pourront distinguer la 500 E de la berline W124 standard…
Rivales de l’époque : face à la W124, des concurrentes sérieuses… mais pas toujours aussi durables
Dans les années 80 et 90, la W124 évolue dans un segment qu’on appelle aujourd’hui “premium” — mais qui, à l’époque, se résumait à une poignée de constructeurs qui savaient encore faire des voitures pour les gros rouleurs exigeants. En face, on trouvait l’éternelle BMW Série 5 E34 (élégante, plus sportive, mais souvent moins endurante), la Volvo 740/940 (solide, carrée comme une brique suédoise, mais plus rustique), et l’Audi 100 C3/C4, qui proposait un design novateur et la transmission quattro, mais souffrait d’un certain retard en qualité perçue et en fiabilité sur les premières versions.
Plus bas dans la hiérarchie, certaines grandes françaises (Peugeot 505, Renault 25 V6, Citroën XM) jouaient la carte du confort et de l’audace technologique, mais ne pouvaient rivaliser ni en finition, ni en longévité mécanique.
Acheter une W124 aujourd’hui
Vous en avez croisé une sur Leboncoin, gris métallisé, intérieur velours, affichant 387 000 km avec la mention « tourne comme une horloge » et un prix à trois chiffres. La tentation est grande. Car acheter une W124 aujourd’hui, c’est un peu comme récupérer un vieil appareil photo Leica ou une montre mécanique suisse : ce n’est pas un simple achat, c’est une forme d’adhésion à une certaine idée de la durabilité. Mais attention, derrière le cuir patiné et les compteurs kilométriques devenus poétiques, se cache parfois un passé moins glorieux que prévu.
Ce qu’il faut savoir avant de tomber amoureux
La W124 est fiable, mais elle a de l’âge. Même bien conçue, une voiture de 30 à 40 ans peut souffrir d’usure, de bricolages douteux, ou de négligence chronique. Elle pardonne beaucoup, mais pas tout.
Les kilométrages ne veulent pas dire grand-chose. Une 200D à 480 000 km entretenue avec méthode sera souvent plus saine qu’une 300E « seulement » à 180 000 km mais stockée 10 ans sous une bâche percée.
Le prix ne reflète pas toujours l’état. Certains vendeurs croient encore vivre à l’époque du franc fort ; d’autres bradent des merveilles par ignorance. L’écart entre une épave roulante et une perle d’origine peut aller du simple au triple… à génération et moteur équivalents.
Les points sensibles à inspecter impérativement
Corrosion
Le grand classique. Bien que la W124 soit galvanisée, la rouille attaque là où l’eau stagne :
Passages de roues arrière
Bas de caisse (notamment à l’avant)
Pieds de porte et plancher sous le tapis conducteur
Trappe à carburant
Conseil : emmenez une lampe torche et n’ayez pas peur de vous coucher au sol.
Éléments électriques
Les moteurs de vitres, le toit ouvrant, le verrouillage centralisé peuvent fatiguer ou gripper :
Vérifiez que tout fonctionne : même l’éclairage du cendrier
Les relais et fusibles sont accessibles, mais parfois capricieux avec l’âge
Intérieur
Les selleries tissu vieillissent bien, mais peuvent être tachées ou affaissées. Le cuir craquelle s’il a été mal nourri. Le tableau de bord peut fissurer sous le soleil, surtout sur les modèles stockés dehors.
Un intérieur propre et d’origine est souvent un bon indicateur de soin général.
Mécanique
Les moteurs essence 4 et 6 cylindres sont globalement robustes, mais attention aux fuites d’huile (cache-culbuteurs, joints de carter, pompe à huile).
Les diesels sont increvables, mais il faut vérifier :
les démarrages à froid (injecteurs et préchauffage)
les fuites de gasoil autour de la pompe
Boîtes automatiques : elles doivent être douces et réactives. Si ça claque, ça patine ou ça hésite, méfiance.
Vérifiez l’historique, les vidanges régulières (surtout boîte auto), et demandez la dernière date de remplacement des filtres et des freins.
Les versions à privilégier
| Version recommandée | Pourquoi |
|---|---|
| 250D boîte manuelle | Endurante, simple, économique |
| Berline ou coupé 300E 24v, 230CE | Agrément, noblesse mécanique, bon vieillissement |
| E320 Limousine ou Break 7 places | Confort, rareté, élégance sobre |
| Cabriolet A124 | Ligne superbe, déjà collector, sensations nobles |
| 500E | Mythique, rare, virile sans vulgarité (mais budget en conséquence) |
Côté budget
Berlines diesel ou essence standard : de 3 000 à 7 000 € en bon état
Coupés et breaks soignés : 6 000 à 10 000 €
Cabriolets / Limousines : de 10 000 à 20 000 € selon l’état et l’historique
500E : rarement sous les 40 000 €, et souvent plus… mais pour une légende, c’est cohérent
Attention aux modèles à restaurer « pour le plaisir » : sauf si vous êtes mécano ou carrossier, la facture monte très vite.
En résumé
Acheter une W124 aujourd’hui, ce n’est pas juste rouler dans une vieille Mercedes : c’est faire un choix raisonné, durable et passionné. C’est préférer la porte qui claque lourd, le silence feutré d’un moteur 6 cylindres bien réglé, et la satisfaction d’avoir sous les fesses une machine conçue pour traverser les décennies sans s’excuser d’exister.
Il faut fouiller, inspecter, patienter, mais quand on trouve la bonne, c’est une voiture qu’on garde. Parce qu’on n’en fait plus, des comme ça.
La W124 dans la culture populaire : la voiture qu’on a tous déjà vue
Elle ne crève pas l’écran comme une DeLorean ou une Mustang Fastback, et pourtant, la Mercedes W124 est probablement l’une des voitures les plus filmées, photographiées et utilisées au quotidien entre les années 80 et les années 2000. Sa silhouette sobre, son aura de sérieux, et sa capacité à se fondre dans n’importe quel décor en font la figurante idéale du monde réel.
Dans les films, séries et clips : toujours là, jamais vedette
La W124 n’est jamais la star, mais elle est toujours dans le plan :
Dans les séries policières allemandes comme Tatort ou Alerte Cobra, c’est la voiture des inspecteurs pragmatiques ou des suspects respectables.
Dans les films français des années 90, elle est souvent le véhicule du méchant bien habillé, de l’avocat qui parle fort au téléphone ou du promoteur immobilier qui ne paie pas ses ouvriers.
- Ella apparaît notamment dans les films suivants :
- La soif de l’or (conduite et…détruite par Philippe Khorsand)
- Taxi (les 500E des méchants allemands)
- Taken 2 (taxi conduit par la fille de Liam Leeson), etc…
Et pour cause : elle était partout dans la vraie vie, alors elle l’est aussi à l’écran.
Symbole de l’époque taxi
La W124, c’est aussi la grande époque du taxi diesel sur le périphérique, celle où l’on montait à l’arrière d’une 250D avec les housses en moumoute, le petit rideau occultant et le taximètre fixé sur le tableau de bord.
Si vous avez grandi dans les années 90, il y a de grandes chances que votre premier trajet autoroutier dans une voiture sérieuse ait eu lieu à l’arrière d’une W124, avec la clim en option et le chauffeur qui vous explique qu’elle a 460 000 km mais qu’elle en fera encore le double.
Star de l’export (même sans le vouloir)
La W124 est aussi une vedette involontaire de milliers de photos prises sur le continent africain, dans les Balkans ou au Moyen-Orient. Qu’il s’agisse d’une berline blanche poussiéreuse roulant dans les rues de Dakar, d’un break transformé en minibus en Albanie, ou d’un modèle aux vitres fumées circulant à Beyrouth, la W124 a conquis le monde sans campagne de pub.
Son image est devenue universelle : une voiture qui inspire confiance, qui fait sérieux, qui n’a pas besoin de parler fort pour s’imposer.
La W124 en miniature : petits formats, grande classe
On dit souvent que la W124 est une voiture qu’on finit par vouloir collectionner. Mais si on manque de place dans le garage ou de budget pour une vraie 500E, il reste une solution plus abordable et tout aussi satisfaisante : les miniatures au 1/43 et 1/18. Que ce soit pour revivre un souvenir d’enfance, compléter une vitrine youngtimer ou simplement contempler un chef-d’œuvre en réduction, la Mercedes W124 existe dans toutes les sauces, tous les coloris, et presque toutes les finitions.
Au 1/43ᵉ : la taille de la nostalgie
C’est l’échelle reine des collectionneurs : facile à stocker, riche en choix, et souvent très fidèle malgré sa petite taille. La W124 y est extrêmement bien représentée, avec des modèles allant du taxi parisien au 500E AMG noir de président discret.
Les marques incontournables :
Minichamps : finition haut de gamme, nombreuses variantes.
300E, 230CE, 500E, mais aussi versions Polizei, pompiers allemands, et taxis (beige ivoire).
IXO / Altaya / Hachette : plus accessibles, parfois issues de collections presse, mais souvent très correctes.
Idéal pour débuter une collection ou pour recréer un coin de parking des années 90.
Neo Scale Models : modèles plus rares, notamment cabriolets et breaks aux couleurs inhabituelles (bordeaux, bleu nuit…).
Schuco : un peu plus niche, mais avec de jolies finitions sur les break T et certaines 4MATIC.
Les détails qui comptent :
Le dessin des jantes (Gullideckel, AMG, BBS)
Les compteurs orange visibles à travers le pare-brise
Les teintes d’époque fidèles : Blau Schwarz, Bornit Metallic, Almandinrot… un plaisir pour les amateurs de nuances années 80.
Au 1/18ᵉ : la star des étagères
À cette échelle, la W124 prend toute sa dimension statutaire. Les lignes sont mises en valeur, les ouvrants ajoutent du charme, et on peut admirer la planche de bord granuleuse comme si on y était.
Les références à posséder :
Ottomobile : sans ouvrants, mais très détaillée. Propose plusieurs modèles rares :
500E AMG noir ou anthracite, jantes larges, caisse basse
E36 AMG break (oui, ça a existé)
Versions tunées discrètes : BBS, combinés filetés, livrées period correct
Norev : plus accessible, bonne qualité, ouvrants parfois présents.
Très belle 300E en gris perle ou bleu nuit, intérieur beige, avec boîte automatique et volant d’origine.
Werk83 : nouvelle marque avec des finitions haut de gamme, notamment une 230E avec intérieur tissu à rayures, fidèle à l’esprit taxi d’époque.
Autoart : plus rare, parfois d’occasion, mais les plus beaux modèles au 1/18 (notamment les premières séries)
Côté budget ?
| Échelle | Marques | Gamme de prix |
|---|---|---|
| 1/43 | Minichamps, IXO, Neo | 25 € (presse) → 80 € (collectors) |
| 1/18 | Ottomobile, Norev, Werk83 | 70 € → 150 € (selon rareté) |
Certaines éditions limitées (notamment Ottomobile) prennent de la valeur assez vite. La 500E noire en 1/18 est régulièrement au-dessus des 200 € sur le marché secondaire.
Pour les puristes…
Les collectionneurs les plus pointilleux vont jusqu’à reproduire leur propre W124 en miniature, à coups de modifications :
Changement de jantes
Ajout de plaques personnalisées
Vieillissement réaliste (effet rouille, stickers d’époque, boîte de mouchoirs sur la plage arrière…)
Et pour les bricoleurs acharnés, il existe des kits en résine à monter soi-même, avec intérieur détaillé, capot amovible et roues directionnelles.
Pourquoi la W124 est (et restera) un mythe roulant
Il y a des voitures qu’on admire pour leur beauté, leur vitesse, leur prestige. Et puis il y a la Mercedes W124. Une voiture que l’on admire pour ce qu’elle est, ce qu’elle fait, et ce qu’elle continue d’incarner, bien longtemps après que la plupart de ses contemporaines ont disparu dans l’oubli… ou à la casse.
Elle n’a jamais cherché à briller. Elle n’a pas de look spectaculaire, pas de bruit rauque à la décélération, pas de badge tapageur. Mais elle a ce silence rassurant d’un moteur bien conçu, cette présence tranquille sur la route, cette solidité qui n’a pas besoin de promesse marketing.
Une philosophie de construction devenue rare
La W124 est née à une époque où l’on construisait une voiture comme on bâtissait un pont : avec un peu trop de métal, un peu trop de marge de sécurité, et beaucoup de respect pour l’ingénierie. Pas encore d’obsolescence programmée, pas d’économie à la vis près, pas d’écrans à foison. Juste des portes qui ferment avec un son de coffre-fort, des moteurs conçus pour tenir un million de kilomètres, et des tableaux de bord faits pour durer — pas pour éblouir.
La Mercedes-Benz W124, ce n’est pas seulement une bonne voiture. C’est un état d’esprit. Un vestige d’une époque où l’automobile était conçue pour durer, pour servir, et pour être transmise. Un objet à la fois pratique, technique, esthétique et presque… moral.
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