Les premières du genre : ces voitures qui ont ouvert la voie
Dans l’univers automobile, certaines voitures ne se contentent pas d’exister : elles inventent leur propre catégorie. Qu’il s’agisse du tout premier monospace, du premier SUV de luxe ou encore d’une improbable berline coupé, ces pionnières ont souvent bousculé les codes en proposant quelque chose d’inédit — parfois génial, parfois en avance sur leur temps… parfois incompris.
Être le premier, c’est prendre des risques. C’est tenter une nouvelle approche de la voiture familiale, du tout-terrain ou du luxe roulant. Et même si certaines de ces tentatives ont sombré dans l’oubli ou l’échec commercial, elles ont toutes participé à écrire l’histoire de l’automobile moderne.
Dans cet article, Le Petit Bagnolard vous propose un tour d’horizon des modèles qui ont marqué un tournant : ceux qui ont posé les bases de segments aujourd’hui devenus incontournables, mais aussi ceux qui ont tenté l’expérience… sans convaincre. Des réussites éclatantes aux échecs visionnaires, place à ces voitures qui ont osé inventer une nouvelle voie.
Table des matières
Le tout-terrain avant l’heure : Willys MB (1941) – l’ancêtre de tous les 4x4
À l’origine, il n’était ni un SUV ni une voiture de loisir. Le Willys MB, conçu en urgence pendant la Seconde Guerre mondiale pour répondre à un appel d’offres de l’armée américaine, allait pourtant poser les bases du véhicule tout-terrain moderne.
Le cahier des charges militaire
Il fallait un véhicule léger, simple, robuste et capable d’aller partout, sur tous les théâtres d’opérations. Plusieurs constructeurs répondent à l’appel, mais c’est Willys-Overland (en collaboration avec Ford et Bantam) qui s’impose avec le MB, une petite bête de somme motorisée par un 4 cylindres 2,2 L surnommé le « Go Devil », capable de franchir quasiment tous les obstacles.
Du front à la ferme
Produit à plus de 600 000 exemplaires, le Willys MB est l’un des symboles mécaniques de la Libération. Il devient immédiatement célèbre, tant pour sa fiabilité que pour sa silhouette reconnaissable entre mille. Après la guerre, il est reconverti à des usages civils sous le nom de Jeep CJ (Civilian Jeep), ouvrant la voie à une toute nouvelle catégorie de véhicules.
Les 4×4 de légende qui ont suivi
Après la Seconde Guerre mondiale, la Jeep Willys a inspiré toute une génération de 4×4 utilitaires devenus emblématiques. En 1948, le Land Rover Series I voit le jour en Angleterre, pensé pour les agriculteurs et les colons de l’Empire britannique — un véhicule rustique, robuste, capable de tout franchir. Dans les années 50, le Toyota Land Cruiser fait ses débuts au Japon, d’abord en copiant les Jeep, puis en forgeant sa propre légende sur les pistes les plus rudes du globe. En 1951, le Nissan Patrol complète l’offre nippone avec des prestations comparables.
Côté États-Unis, le 4×4 évolue vers plus de polyvalence : en 1963, le Jeep Wagoneer devient le premier 4×4 familial avec une carrosserie fermée et un intérieur soigné — il préfigure déjà le SUV moderne. Enfin, le Mercedes Classe G (1979), initialement développé pour un usage militaire, incarne le 4×4 haut de gamme, capable d’évoluer aussi bien sur les terrains accidentés que dans les beaux quartiers.
Ces modèles ont chacun à leur manière façonné l’histoire du tout-terrain, créant une catégorie à part entière qui deviendra centrale dans l’automobile contemporaine.
Le premier break de série : Citroën Type B12 Familiale (1925) – le confort pour toute la famille
Avant les SUV, avant les monospaces, le break s’est imposé comme la voiture familiale par excellence, alliant habitabilité et volume de chargement. Et si plusieurs véhicules utilitaires ont servi de base à des « voitures à tout faire », c’est bien Citroën qui dégaine le premier break de série conçu pour un usage mixte, familial et utilitaire.
L’évolution naturelle des carrosseries
Au début des années 1920, les véhicules « familiales » sont souvent des berlines rallongées, transformées par des carrossiers. Mais en 1925, Citroën lance en usine la Type B12 Familiale, une voiture dotée de trois rangées de sièges fixes, d’un hayon ouvrant et d’un espace de chargement agrandi. Le châssis est renforcé, le pavillon allongé, et l’accessibilité pensée pour plusieurs passagers.
Un pionnier européen
Alors que Ford avait déjà proposé des « station wagons » aux États-Unis, souvent dérivés de modèles utilitaires et à carrosserie bois, Citroën fait ici œuvre de pionnier en Europe en concevant un véhicule polyvalent, robuste et réellement destiné aux familles. Une voiture polyvalente avant l’heure, pensée pour les longs trajets et les vacances, mais aussi pour les usages professionnels.
Les breaks emblématiques qui ont suivi
Le sillon tracé par la Citroën B12 Familiale n’est que le début d’une longue tradition de breaks iconiques, chacun incarnant une époque, une philosophie ou une manière de voyager. Dans les années 1950, la Peugeot 403 break s’impose en France comme une référence de robustesse, capable d’emmener une famille et ses bagages sur des kilomètres de nationale. De l’autre côté de l’Europe, la Volvo Amazon Kombi (1962) inaugure la réputation de la marque suédoise pour les breaks familiaux sûrs et spacieux. Dans les années 70 et 80, la Renault 21 Nevada ou la Citroën CX Break jouent la carte du volume et du confort à la française, tandis que les Ford Taunus Turnier ou les Mercedes S123 (break de la W123) séduisent par leur pragmatisme ou leur standing. Ces modèles ont perpétué l’héritage du break comme véhicule familial par excellence, avant que les monospaces, puis les SUV, ne viennent peu à peu lui ravir la vedette.
NB : la B12 ci-dessous n’est pas la version familiale (a priori).
Le premier monospace moderne : Fiat 600 Multipla (1956) – l’utilitaire familial avant l’heure
Bien avant le Renault Espace ou le Chrysler Voyager, c’est Fiat qui, dans les années 50, invente un OVNI automobile : la Fiat 600 Multipla. Un drôle de véhicule à la bouille sympathique, pensé pour transporter jusqu’à six personnes dans moins de 3,5 mètres de long. Une prouesse d’ingéniosité, et sans doute le premier vrai monospace de l’histoire.
Un empattement optimisé
Basée sur la petite Fiat 600, la Multipla en reprend le moteur arrière, ce qui permet de libérer tout l’avant du véhicule pour l’espace habitable. Avec sa carrosserie bombée, ses portes antagonistes et sa configuration 3 rangées (2-2-2), elle maximise chaque centimètre de son gabarit minimal.
L’hybride avant l’heure
Ni tout à fait utilitaire, ni tout à fait familiale, la Multipla est un véhicule inclassable. Utilisée par les taxis italiens, les familles nombreuses ou les petits artisans, elle propose une modularité encore jamais vue à l’époque, avec des sièges rabattables, des espaces dégagés, et une vision panoramique.
L’ancêtre oublié du monospace
Si l’on considère le volume habitable, l’accès facilité, la hauteur sous plafond et la modularité, la Fiat 600 Multipla coche toutes les cases du monospace moderne… près de 30 ans avant l’Espace. Longtemps regardée comme une curiosité, elle est aujourd’hui reconnue comme un modèle pionnier dont l’influence dépasse largement l’Italie.
Les monospaces qui ont redéfini le voyage en famille
Après la Fiat 600 Multipla, il faudra attendre plusieurs décennies pour voir le monospace s’imposer comme une catégorie majeure. En 1984, le Renault Espace, conçu initialement par Matra, révolutionne l’automobile familiale en Europe avec une silhouette haute, un plancher plat, des sièges indépendants et une modularité inédite. À la même époque, aux États-Unis, le Chrysler Voyager (1983) introduit le concept de minivan avec un succès immédiat, notamment grâce à ses portes coulissantes et son confort de limousine.
Dans les années 1990, le monospace devient un standard : Citroën Evasion, Peugeot 806, Ford Galaxy, Toyota Previa… Tous adoptent la recette du véhicule familial spacieux, pratique et polyvalent. Le segment se diversifie ensuite avec les monospaces compacts, inaugurés par le Renault Scénic en 1996, qui rend la formule plus accessible et urbaine. Enfin, des modèles comme le Volkswagen Sharan ou le Ford S-Max tentent d’allier dynamisme de conduite et espace à bord.
Malgré l’avènement des SUV, le monospace reste pour beaucoup le véhicule familial ultime, pensé pour maximiser le confort, la sécurité et la flexibilité du quotidien.
L’élégance redessinée : Rover P5B Coupé (1962) – la première berline coupé
Aujourd’hui, le terme « berline coupé » évoque des voitures comme la Mercedes CLS ou l’Audi A7 : des grandes routières aux lignes dynamiques, aux toits fuyants, à mi-chemin entre sportivité et élégance bourgeoise. Mais bien avant ces Allemandes profilées, c’est l’Anglaise Rover P5 Coupé qui invente ce concept… dans un registre bien plus gentleman.
Une silhouette audacieuse
La Rover P5 Coupé est dérivée de la berline P5, mais propose un pavillon rabaissé, des montants affinés, et un traitement plus racé du vitrage et du toit. Le but n’était pas de proposer un véhicule sportif, mais de suggérer le raffinement, le luxe discret, et une touche d’originalité à la britannique.
Le moteur Buick devenu V8 Rover
La version P5B (pour Buick) lancée en 1967 est équipée du fameux V8 d’origine américaine revu par Rover, qui deviendra l’un des moteurs les plus emblématiques du Royaume-Uni. Ce bloc confère à la voiture un couple généreux et un fonctionnement onctueux, idéal pour les longues distances.
L’élégance au service du pouvoir
Voiture officielle du gouvernement britannique pendant des décennies, la Rover P5B Coupé est souvent associée à Harold Wilson, Margaret Thatcher ou encore la Reine Elizabeth II. Elle a aussi posé les bases d’une catégorie de voitures statutaire et esthétique, où l’élégance ne sacrifie pas le confort.
Les berlines coupés modernes : élégance et audace réinventées
Si la Rover P5B a posé les fondations du genre, l’idée de marier la prestance d’une berline à la fluidité d’un coupé va ressurgir de manière spectaculaire dans les années 2000. C’est Mercedes-Benz qui relance véritablement la tendance avec la CLS (C219) en 2004 : une berline quatre portes aux lignes élancées, sans montant central, qui donne ses lettres de noblesse à l’appellation « coupé 4 portes ». Le succès de la CLS inspirera d’autres constructeurs : Audi avec l’A7 Sportback, BMW avec la Série 6 Gran Coupé, puis la Série 4 et Série 8 Gran Coupé, chacun déclinant sa propre vision du style dynamique.
Même les marques généralistes s’y essaient : Volkswagen CC, Peugeot 508 ou Renault Latitude, sans toujours égaler l’impact visuel et commercial des pionnières premium. Ces berlines coupés modernes répondent à une clientèle à la recherche d’un compromis entre esthétique affirmée, confort de grande routière et caractère plus exclusif, prouvant que l’intuition de Rover dans les années 60 avait bel et bien du génie.
AMC Eagle : le tout premier crossover, en avance sur son temps
Aujourd’hui, les crossovers sont partout : ils envahissent les catalogues des constructeurs, mêlent berline et SUV, et sont devenus le véhicule familial par excellence. Mais bien avant le Nissan Qashqai, le Toyota RAV4 ou le Peugeot 3008, un outsider américain ouvrait la voie dès 1980 : l’AMC Eagle.
Un break qui voit plus haut
L’Eagle naît de la volonté d’American Motors Corporation de dynamiser sa gamme sans investir dans un 4×4 classique. En reprenant la base d’une berline existante (l’AMC Concord), la marque y greffe une garde au sol surélevée, des suspensions renforcées, des élargisseurs d’ailes, et surtout une transmission intégrale permanente développée avec Ferguson. Résultat : un véhicule à la fois civilisé et rustique, à mi-chemin entre un break familial et un 4×4 léger.
Une transmission innovante
L’Eagle introduit un système AWD intelligent pour l’époque, sans intervention du conducteur, permettant une excellente motricité sur tous les terrains. C’était un pari osé à l’époque où les 4×4 étaient associés au tout-terrain pur ou à l’armée, et les voitures civiles, à la route exclusivement. L’Eagle brouille les pistes… littéralement.
Précurseur mais incompris
Malgré ses qualités et sa polyvalence, l’AMC Eagle ne rencontre qu’un succès d’estime. Trop en avance sur son temps, il est difficile à catégoriser : ni tout à fait une berline, ni vraiment un SUV, il déroute les consommateurs. Mais son ADN se retrouve, des années plus tard, dans des modèles comme le Subaru Outback (1995) ou le Volvo XC70.
Les crossovers modernes : la revanche du concept
Ce que l’AMC Eagle a initié dans les années 80 deviendra un raz-de-marée deux décennies plus tard. Dès les années 90, les constructeurs flairent le filon : Toyota RAV4, Honda CR-V, BMW X3, puis Nissan Qashqai en Europe. Tous ces modèles déclinent à leur façon la recette Eagle : carrosserie de tourisme + garde au sol + transmission intégrale optionnelle.
Aujourd’hui, difficile d’imaginer le paysage automobile sans crossover. Et pourtant, le tout premier d’entre eux, souvent oublié, était signé AMC, une marque disparue mais pas sans héritage.
Range Rover : le tout-terrain autrement
Le 4×4 devient chic et polyvalent
S’il est un véhicule qui a redéfini le 4×4 en le faisant passer du tout-terrain utilitaire à la voiture polyvalente et statutaire, c’est bien le Range Rover. Lancé en 1970 par British Leyland sous la marque Land Rover, ce véhicule inaugure un nouveau segment : celui du 4×4 de luxe. Capable d’évoluer dans la boue ou sur l’asphalte avec un égal brio, il séduit rapidement les agriculteurs aisés… puis les familles bourgeoises, les aristocrates et les célébrités.
Doté d’une suspension à long débattement, de quatre roues motrices permanentes, d’un châssis robuste et d’un habitacle confortable, le Range Rover original combine des qualités que l’on pensait auparavant inconciliables. Son design signé David Bache est à la fois sobre et élégant, tandis que son hayon en deux parties devient un trait iconique. Très vite, il devient le véhicule fétiche des campagnes anglaises et des beaux quartiers, incarnant à lui seul l’idée de SUV premium bien avant que le terme n’existe.
Véritable révolution culturelle autant que technique, le Range Rover a influencé toute l’industrie automobile : Mercedes ML, BMW X5, Porsche Cayenne, Bentley Bentayga ou Rolls-Royce Cullinan sont, d’une certaine manière, ses héritiers directs.
Liberté sur quatre roues : Méhari, Moke, Buggy… les véhicules de plage
Dans l’histoire automobile, certains véhicules ne sont pas nés pour avaler les kilomètres d’autoroute, mais pour incarner un mode de vie insouciant, tourné vers les vacances, le soleil, le sable chaud et la liberté. C’est le cas des mythiques véhicules de plage, à mi-chemin entre voiture utilitaire légère et jouet grandeur nature.
Citroën Méhari (1968) – La liberté en plastique
Présentée en 1968, la Méhari est dérivée de la 2CV, mais avec une carrosserie en ABS (plastique thermoformé), légère, résistante, et surtout… totalement lavable à l’eau. Elle se voulait rustique, abordable, pratique : capote amovible, banquette rabattable, garde au sol élevée, et look minimaliste.
Produite pendant 20 ans, la Méhari a sillonné les plages, les vignobles et les bases militaires. Devenue un symbole des années hippie et du tourisme insouciant, elle est aujourd’hui une icône de la culture populaire française.
Mini Moke (1964) – L’anti-Mini version fun
Conçue initialement pour un usage militaire, la Mini Moke fut rapidement recalée : trop basse, trop exposée. Elle devient alors un véhicule de loisir, reprenant la mécanique de la Mini dans une caisse ouverte, dépouillée, presque caricaturale. Véritable buggy urbain, elle rencontre un franc succès dans les zones côtières, notamment dans le sud de la France, en Australie et aux Caraïbes.
Son look inimitable, sa maniabilité, son faible poids en font une voiture culte, souvent associée à des personnalités du showbiz ou des séries TV comme Le Prisonnier.
Dune Buggy (années 60–70) – La voiture du cool californien
Né sur la côte ouest des États-Unis, le Buggy (ou Dune Buggy) est à la base un châssis de Coccinelle Volkswagen raccourci, sur lequel on greffe une carrosserie en fibre de verre minimaliste. Le plus célèbre reste le Meyers Manx, qui incarne l’esprit libre et ludique de la Californie des années 60.
Popularisé par des films comme L’Homme-Orchestre avec Louis de Funès ou Un détective à Monte-Carlo, le Buggy est la quintessence de la voiture de plage : fun, légère, décapotée, et toujours prête pour une virée dans les dunes ou le long de la mer.
Une catégorie à part, entre nostalgie et culte
Qu’ils aient été conçus pour l’armée, les vignobles ou les surfeurs, ces véhicules de plage ont tous dépassé leur usage premier pour devenir des objets de style, de collection, voire de culte. Leur conception simple mais ingénieuse, leur rapport direct au plaisir de conduite en plein air, et leur esthétique décalée en font aujourd’hui des voitures hautement désirables pour les amateurs de liberté… et de sable chaud.
Quand l’audace déraille : ces concepts en avance sur leur temps… ou simplement à côté
L’histoire automobile est riche d’innovations brillantes, mais aussi de paris risqués qui n’ont pas rencontré leur public. Trop en avance, trop déroutants ou mal exécutés, ces modèles ont souvent laissé un souvenir mitigé — voire culte — dans l’imaginaire collectif.
Chevrolet SSR (2003) – Le pick-up rétro décalé
À mi-chemin entre le roadster, le pick-up et la voiture de collection, le Chevrolet SSR (Super Sport Roadster) tente de séduire les nostalgiques. Look néo-rétro inspiré des pick-up des années 50, toit rigide escamotable, V8 sous le capot… l’initiative est audacieuse, mais le positionnement est flou : ni vraiment utilitaire, ni vraiment sportif, ni tout à fait fun. Résultat, un échec commercial… mais devenu une icône pour certains collectionneurs.
Mercedes Classe R (2005) – Le monospace premium mal aimé
Mercedes voulait combiner le confort d’une berline, la capacité d’un monospace et le prestige d’un SUV. Sur le papier, la Classe R avait tout pour plaire, avec une finition haut de gamme, jusqu’à 7 places, et un V6 ou V8 sous le capot. Mais son design trop massif, son positionnement ambigu, et un prix élitiste en ont fait un fiasco commercial, malgré ses qualités routières. Aujourd’hui, elle est parfois vue comme la précurseure du… SUV familial de luxe. Rarissime, la version R63 AMG constitue le sleeper ultime avec ses 510 ch et son 0 à 100 km/h en 5 secondes…
Nissan Murano CrossCabriolet (2011) – L’ovni venu des plages
Lorsque Nissan décide de décapsuler son SUV Murano, le résultat détonne : un cabriolet à quatre roues motrices, haut perché et généreusement bodybuildé. Présenté comme le premier « SUV décapotable », le Murano CrossCabriolet étonne par sa singularité… mais déstabilise par son look disgracieux, ses portes gigantesques, son poids dépassant les deux tonnes, et un comportement routier assez peu enthousiasmant. Pensé pour séduire une clientèle californienne en quête d’originalité et de luxe décontracté, il se heurte à une incompréhension totale sur les autres marchés. Sa carrière est brève (2011–2014), mais il entre au panthéon des bizarreries automobiles.
Range Rover Evoque Cabriolet (2016) – L’UV (Utility Vanity)
Transformer un SUV compact de luxe en cabriolet ? C’est le pari étonnant tenté par Land Rover. Le Range Rover Evoque Cabriolet mêle haut de gamme, transmission intégrale et… capote souple. Mais le résultat est un peu bancal : lignes discutables, poids élevé, rigidité structurelle problématique… et un prix très salé. L’idée séduit quelques fashionistas urbains mais laisse perplexe la majorité. La production s’arrête discrètement en 2019.
Pontiac Aztek (2001) – L’utilitaire avant-gardiste au look catastrophique
Malgré son apparence controversée, le Pontiac Aztek a été pensé comme un SUV modulable et pratique : sièges arrière amovibles, compartiments de rangement astucieux, tente de camping intégrée… Il visait un public jeune, actif, aventureux. Hélas, son style brutal et déséquilibré, avec sa face avant en double étage et ses proportions curieuses, en a fait un repoussoir visuel. Il deviendra culte à posteriori, notamment grâce à son rôle de voiture de Walter White dans Breaking Bad. Si sa production s’arrête en 2005, l’Aztek est désormais vu par certains comme un précurseur des crossovers modernes.
Peugeot 1007 (2005) – La citadine qui glisse à contre-courant
La Peugeot 1007 est une tentative audacieuse de révolutionner la voiture de ville. Son atout principal ? Deux portes coulissantes électriques, empruntées à l’univers des monospaces, facilitant l’accès dans les parkings étroits. L’intérieur est personnalisable, avec des garnitures interchangeables, et l’équipement généreux pour une petite auto. Mais son poids élevé (environ 1 200 kg), son prix trop élevé par rapport à ses concurrentes, et un style jugé pataud ont freiné son adoption. Produite seulement jusqu’en 2009, la 1007 reste aujourd’hui une curiosité de salon… ou une bonne affaire en occasion pour les allergiques aux portières classiques.
Renault Avantime (2001) – L’avant-garde au bord du gouffre
Fusion improbable entre un coupé haut de gamme et un monospace, l’Avantime est un OVNI automobile signé Renault. Basé sur la plateforme de l’Espace, il propose une carrosserie deux portes, un toit vitré panoramique, pas de montant central, et un intérieur digne d’un concept-car futuriste. Le tout pour incarner une nouvelle forme de luxe automobile à la française. Mais l’Avantime déroute : ni pratique comme un monospace, ni dynamique comme un coupé, il ne trouve pas son public, malgré son moteur V6 et ses finitions raffinées. Produit par Matra, il devient un flop commercial retentissant avec seulement 8 500 exemplaires vendus… mais il est aujourd’hui reconnu comme une pépite de design et d’audace industrielle, souvent adulée des collectionneurs éclairés.
Conclusion – Quand l’audace ouvre la route
De la Jeep Willys aux SUV de luxe, en passant par les premiers breaks, monospaces ou berlines coupés, l’histoire automobile est jalonnée de véhicules qui ont osé ouvrir de nouvelles voies. Certains ont immédiatement trouvé leur public, d’autres ont dû attendre des années avant que leur concept soit véritablement compris ou adopté. D’autres encore — comme la Chevrolet SSR ou la Renault Avantime — ont connu un échec commercial, mais sont aujourd’hui célébrés pour leur originalité.
Ces pionniers ne sont pas seulement des voitures ; ce sont des idées sur roues, des paris sur le futur, des réponses (parfois en avance sur leur temps) à des usages naissants. Qu’ils aient rencontré le succès ou non, ils ont tous contribué à façonner le paysage automobile moderne et méritent, à ce titre, une place dans la mémoire des passionnés.
Car ce sont souvent les audacieux, les marginaux, les visionnaires qui ouvrent la voie aux tendances durables. Et dans un monde automobile de plus en plus normé, il est bon de se souvenir qu’il a parfois suffi d’une capote en plastique, d’un design asymétrique ou d’une voiture de plage pour faire bouger les lignes.
How useful was this post?
Click on a star to rate it!
Average rating 0 / 5. Vote count: 0
No votes so far! Be the first to rate this post.
We are sorry that this post was not useful for you!
Let us improve this post!
Tell us how we can improve this post?






Laisser un commentaire