Les couleurs incontournables des marques automobiles
Certaines voitures n’ont même pas besoin d’un logo pour qu’on devine leur marque. Il suffit d’une courbe, d’un son… ou d’une couleur. Car dans l’univers automobile, la teinte d’une carrosserie peut à elle seule évoquer tout un imaginaire : la puissance rugissante d’une Ferrari en Rosso Corsa, l’élégance sombre d’une Cadillac en Black Raven, ou encore la fougue d’une Mustang en Grabber Blue.
Ces couleurs ne sont pas seulement un choix esthétique : elles sont devenues au fil des décennies de véritables signatures visuelles, chargées d’histoire, de culture, parfois même de patriotisme. Héritées des grandes heures de la compétition ou façonnées par des décennies de marketing, elles sont aujourd’hui indissociables de l’identité des marques qu’elles représentent.
Dans cet article, nous allons explorer les teintes iconiques qui ont marqué l’histoire de l’automobile européenne et américaine. De la noblesse britannique au panache flamboyant des muscle cars, embarquez pour un voyage chromatique au cœur des légendes mécaniques.
S’il y a bien une couleur qui incarne la passion automobile, c’est le Rosso Corsa, littéralement « rouge de course ». Impossible d’imaginer une Ferrari sans penser immédiatement à ce rouge flamboyant qui semble accélérer même à l’arrêt. Et pour cause : cette couleur est profondément ancrée dans l’histoire non seulement de Ferrari, mais de l’automobile italienne dans son ensemble.
Une couleur nationale avant tout
Le Rosso Corsa n’est pas un simple choix esthétique : il découle d’une convention internationale des années 1920. À l’époque, chaque pays participant aux compétitions automobiles devait arborer une couleur nationale :
- Le bleu pour la France,
- Le vert pour le Royaume-Uni,
- Le blanc puis argent pour l’Allemagne,
- Et le rouge pour l’Italie.
Toutes les marques italiennes couraient donc en rouge : Alfa Romeo, Maserati, Lancia… Mais c’est Ferrari qui en a fait une icône.
Une teinte devenue culte
Dès les années 1950, les monoplaces Ferrari qui dominent les circuits du monde entier affichent fièrement ce rouge vif, lumineux, intense. Dans les années 80 et 90, le Rosso Corsa devient un best-seller : la majorité des clients Ferrari choisissent ce coloris par attachement à l’histoire ou par désir d’incarner la pureté du mythe.
Il devient alors presque inconcevable d’acheter une Ferrari… d’une autre couleur.
Rosso Corsa ou… Rosso Dino ?
Il existe aujourd’hui plusieurs variantes de rouge dans le catalogue Ferrari : le Rosso Corsa (code 322), le Rosso Scuderia (plus vif, presque orangé, inspiré de la F1), ou encore le Rosso Dino, un rouge légèrement plus orangé, hommage aux modèles Dino des années 60.
Chaque nuance raconte une époque, une philosophie, une émotion. Mais toutes ont en commun cette volonté de célébrer la vitesse, la compétition et la flamboyance à l’italienne.
Le saviez-vous ?
À l’origine, les Ferrari de course n’étaient pas rouges… mais jaunes ! En effet, Enzo Ferrari souhaitait initialement peindre ses voitures dans la couleur officielle de la ville de Modène, où était basée la Scuderia. Cette teinte, un jaune vif appelé Giallo Modena, est profondément liée à l’identité visuelle de la marque (on la retrouve aussi dans le fond du célèbre logo au cheval cabré).
Mais les règles internationales de l’époque imposaient que les voitures de course italiennes soient peintes en rouge, ce qui fit du Rosso Corsa la couleur imposée sur les circuits.
Aujourd’hui encore, le jaune Giallo Modena reste une couleur de série dans le catalogue Ferrari — rare, mais choisie par les puristes ou les amateurs de singularité, en hommage à cette volonté originelle d’Enzo.
🇬🇧 Bentley & Jaguar – British Racing Green, la noblesse des circuits
S’il existe une couleur capable d’évoquer à elle seule l’élégance mécanique à l’anglaise, c’est bien le British Racing Green. À la fois sobre, profond, presque aristocratique, ce vert foncé est entré dans la légende sur les circuits européens du XXe siècle avant de s’imposer comme un symbole identitaire pour plusieurs marques britanniques, notamment Jaguar et Bentley. Deux constructeurs, deux histoires, mais une même teinte en héritage.
Une origine née du patriotisme et de la course
Comme d’autres couleurs nationales, le British Racing Green trouve ses racines dans la Coupe Gordon Bennett du début des années 1900. Pour représenter le Royaume-Uni, les organisateurs britanniques choisissent un vert sombre, en hommage à l’Irlande qui accueillait alors la compétition. Ainsi naît le BRG, à une époque où chaque pays s’affichait sur la piste avec sa propre couleur : rouge pour l’Italie, bleu pour la France, argent pour l’Allemagne.
Ce vert devient dès lors la teinte par défaut des écuries britanniques en compétition, mais chaque constructeur va en faire sa propre déclinaison stylistique.
Bentley – Le vert de la noblesse mécanique
Chez Bentley, le British Racing Green s’impose dès les années 1920. Les mythiques « Bentley Boys », gentlemen-pilotes des 24 Heures du Mans, inscrivent leur nom dans l’histoire avec des bolides verts foncés aussi rapides que luxueux. La Bentley Speed Six, victorieuse en 1929 et 1930, en devient l’archétype.
Aujourd’hui, Bentley continue de proposer cette couleur, souvent sous le nom de Racing Green, dans des variantes profondes, nacrées ou satinées, via son programme de personnalisation Mulliner. Sur une Continental GT, un Bentayga ou une Flying Spur, ce vert évoque moins la piste que le standing et la tradition.
Jaguar – L’instinct du félin en vert
De son côté, Jaguar adopte le BRG dans une approche plus sportive, presque féline. La couleur est indissociable des exploits des Type C et Type D au Mans dans les années 1950, ou de la Type E, icône absolue de la GT britannique.
Jaguar décline ensuite sa propre version, plus sombre encore, appelée Jaguar Racing Green ou British Racing Green Metallic, selon les générations. Elle est utilisée aussi bien sur des sportives (XKR, F-Type) que sur des berlines élégantes (XJ, XF), toujours avec une même volonté : conjuguer performance et distinction.
Le British Racing Green (BRG) chez les constructeurs anglais
À l’origine, le British Racing Green (BRG) est une couleur nationale utilisée par les constructeurs britanniques en compétition internationale au début du XXe siècle, notamment à la suite des Gordon Bennett Cup de 1903.
Mais le BRG n’a jamais été codifié officiellement. Il s’agissait d’un vert foncé, mais la nuance exacte a varié d’un constructeur à l’autre… et varie encore aujourd’hui selon les modèles, les époques et les choix stylistiques des marques.
✅1. Aston Martin
- Utilisé dès les années 1930 en compétition
- Couleur emblématique des DBR1, vainqueur au Mans en 1959
- Présent aujourd’hui sur les Vantage, DB12, Valhalla, etc.
- Nom commercial : Aston Martin Racing Green (souvent métallisé)
✅ 2. Jaguar
- Le plus associé au BRG avec les Type C, Type D, E-Type et les XK
- Toujours proposé sur les modèles récents (F-Type, XE, XJ…)
- Plusieurs variantes : mat, métallisé, foncé
✅ 3. Bentley
- Utilisé dans les années 1920 à 1930 avec les « Bentley Boys »
- Encore proposé sur les modèles modernes via Bentley Racing Green
- Couleur associée à l’héritage Le Mans
✅ 4. Lotus
- Le BRG a longtemps été la couleur de course de Lotus
- Associé aux modèles emblématiques : Type 25, Type 49, Elan
- Souvent combiné avec des bandes jaunes (livery de Jim Clark)
- Utilisé encore aujourd’hui sur Evora, Elise, Emira
✅ 5. Mini (Austin / Morris / BMW)
- Le BRG est un classique des Mini Cooper S
- Surtout populaire dans les années 60 (Monte Carlo), mais aussi dans les modèles actuels (BMW Mini)
- Couleur : British Racing Green IV ou Rebel Green
✅ 6. MG (Morris Garage)
- Utilisé sur de nombreux modèles historiques (MGB, MGA, MG TF)
✅ 7. TVR
- Certains modèles (ex. Griffith, Chimaera) étaient disponibles en BRG
- Teinte souvent associée aux éditions spéciales
✅ 8. Morgan
- La marque artisanale anglaise propose le BRG en série ou sur commande
- Très apprécié sur les Plus Four, Plus Six ou 3-Wheeler
- Couleur classique des modèles à carrosserie bois/aluminium
✅ 9. Triumph (jusqu’aux années 80)
- Le BRG était courant sur les modèles de la gamme TR (TR2, TR4, TR6), Spitfire, GT6…
- Encore recherché sur les modèles restaurés
Exemples de teintes British Racing Green (les teintes varient selon les années).
🇫🇷 Alpine – Bleu Alpine, la signature du panache français
S’il est une couleur qui évoque à elle seule toute la fierté d’une marque automobile, c’est bien le bleu Alpine. Plus qu’un simple choix esthétique, cette teinte est devenue l’identité visuelle d’Alpine, à la fois hommage aux origines françaises de la marque et rappel constant de ses exploits en compétition. De la Berlinette A110 des années 60 aux modèles modernes, le bleu est à Alpine ce que le rouge est à Ferrari.
Une couleur nationale et historique
Dans les années 1920 à 1960, les compétitions automobiles internationales imposaient à chaque pays une couleur officielle, en particulier le Bleu pour la France.
C’est dans ce cadre que les voitures Alpine se sont parées de ce bleu vif et lumineux, souvent accompagné de bandes blanches ou de décalcos tricolores, pour afficher fièrement leur nationalité.
La Berlinette A110 : ambassadrice du Bleu Alpine
Le modèle le plus mythique de la marque, l’Alpine A110 Berlinette, est indissociable de sa teinte bleue. Qu’elle fonce dans les spéciales du Monte-Carlo ou qu’elle s’expose sur une place de village, cette petite bombinette bleu électrique est instantanément reconnaissable.
Le bleu Alpine d’origine est une couleur simple, franche, non métallisée, légèrement pastel sous certaines lumières. Il a ensuite été décliné en plusieurs nuances plus modernes au fil des décennies.
Le bleu dans la gamme moderne
Avec la renaissance de la marque dans les années 2010, le Bleu Alpine est revenu en force, modernisé mais toujours fidèle à son héritage.
Les modèles récents (A110 Pure, A110 S, A110 R) proposent :
- Bleu Alpine (code peinture : JRB) : teinte officielle de lancement, proche du bleu historique
- Bleu Alpine Mat (série limitée A110 R Le Mans)
- Bleu Abysse : plus sombre et métallisé
- Bleu Azur, Bleu Irisé, etc. selon les séries spéciales
🇺🇸 Ford – Grabber Blue, l’Amérique en technicolor
Dans le grand livre des couleurs automobiles, peu de teintes disent aussi franchement « regarde-moi » que le Grabber Blue. Ce bleu éclatant, presque fluorescent, incarne à lui seul toute l’exubérance des muscle cars américains des années 1970. Et s’il est indissociable de la Ford Mustang, il a su traverser les décennies sans rien perdre de son panache.
Une couleur née de l’audace
Le Grabber Blue apparaît en 1969 dans la palette Ford, à une époque où les constructeurs américains rivalisent de couleurs vives pour séduire une jeunesse avide de liberté et de chevaux sous le capot. Baptisée Grabber (qu’on pourrait traduire par « accrocheur », « tapageur »), la couleur est d’abord proposée sur les Mustang, Torino et Maverick. Elle fait partie d’une série de teintes dites High Impact Colors, pensées pour être aussi expressives qu’un rugissement de V8.
La Mustang Boss 302 de 1970 en Grabber Blue devient rapidement une icône. Ce contraste saisissant entre carrosserie turquoise et bandes noires mat, posé sur un châssis trapu et musclé, inscrit définitivement cette teinte dans l’inconscient collectif automobile.
Une teinte culte, réinventée au fil du temps
Ford abandonnera un temps le Grabber Blue, avant de le faire revenir en force dès les années 2000. Les générations modernes de Mustang GT, Mach 1 ou Shelby GT500 retrouvent cette couleur en clin d’œil assumé au passé. Et malgré les évolutions technologiques (finitions métallisées, vernis satinés, reflets nacrés), la charge émotionnelle reste intacte : rouler en Grabber Blue, c’est affirmer son attachement à une certaine idée de l’Amérique, celle des lignes droites, du cuir brûlé et des posters d’ado.
Aujourd’hui, cette couleur continue de séduire les collectionneurs comme les nouveaux acheteurs. Elle évoque une forme de liberté chromatique, bien loin des gris aseptisés et des blancs perle.
Le code couleur
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Nom commercial : Grabber Blue
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Code peinture Ford : M7210A (ou code ZU dans certaines nomenclatures)
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Type : Solide, puis métallisé selon les générations
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Modèles emblématiques : Mustang Boss 302 (1970), Mustang GT (2013), Mustang Mach 1 (2021)
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Le saviez-vous ?
Le Grabber Blue a été utilisé au départ sur les voitures de course Trans-Am des années 70, mais aussi sur des modèles plus modestes comme la Ford Maverick, qui proposait la teinte en série pour un prix modique. Aujourd’hui, les modèles anciens en état d’origine avec cette couleur s’arrachent aux enchères américaines.
🇬🇧 McLaren – Papaya Orange, le retour d’une couleur signature
Chez McLaren, la couleur ne se contente pas de souligner les lignes d’une voiture : elle raconte une histoire. Et cette histoire est indissociable du Papaya Orange, cette teinte vibrante, presque solaire, devenue l’étendard visuel d’une marque née sur les circuits. Si d’autres constructeurs ont misé sur la discrétion ou le classicisme, McLaren a choisi l’orange pour mieux affirmer sa différence – et ses ambitions.
Des origines néo-zélandaises aux podiums internationaux
C’est Bruce McLaren, pilote et fondateur de la marque, qui impose cette couleur dans les années 1960, au moment de créer sa propre écurie. Néo-Zélandais, il souhaite une teinte qui permette à ses voitures d’être immédiatement identifiables en piste. Exit les couleurs nationales, place à un orange franc et audacieux, bientôt surnommé McLaren Orange par les commentateurs.
Dès 1968, les monoplaces de Formule 1 et les voitures de Can-Am adoptent cette livrée, qui devient rapidement un symbole visuel fort : celui d’une équipe jeune, innovante, iconoclaste. L’orange McLaren, c’est déjà un manifeste.
Une éclipse… puis une renaissance
Après la disparition de Bruce McLaren en 1970, la marque délaisse peu à peu cette couleur au profit de livrées sponsorisées (blanc et rouge Marlboro, argent West, noir et orange Vodafone…). Il faudra attendre le retour de McLaren en tant que constructeur de voitures de route, à la fin des années 2000, pour voir refleurir l’orange dans toute sa gloire.
Rebaptisée Papaya Orange pour les modèles modernes, cette teinte est proposée sur les MP4-12C, 650S, puis les 720S, 765LT et jusqu’à la toute récente Artura. En parallèle, McLaren revient à cette couleur en Formule 1 dès 2017, renouant avec son identité visuelle originelle.
Le code couleur
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Nom commercial : Papaya Orange
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Variante : Papaya Spark (métallisée), Volcano Orange (plus foncée), Heritage Orange
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Code peinture : parfois référencée sous le nom P1 ou Pearl Papaya dans les configurateurs
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Modèles emblématiques : 720S, 600LT, Elva, F1 GTR (réplique), MCL35 (F1)
Le saviez-vous ?
En 2017, pour célébrer son retour aux sources, McLaren a repeint sa Formule 1 MCL32 dans une teinte inspirée du Papaya Orange historique, combinée à du noir. Depuis, chaque monoplace F1 McLaren est habillée de cette couleur, modernisée mais toujours fidèle à l’ADN visuel de l’écurie.
🔗 Le site McLaren retrace l’histoire du orange Papaya (en anglais) : McLaren & Papaya (mclaren.com)
🇩🇪 Mercedes – Silver Arrow, l’élégance de la domination
Chez Mercedes, la couleur ne crie pas. Elle s’impose. Sobriété, précision, puissance : tout est dit en un seul éclat de métal brossé. Ce n’est donc pas un hasard si la teinte emblématique de la marque allemande est un argent pur, presque liquide, qu’on ne regarde pas… on s’y reflète. Cette couleur, c’est celle des Silver Arrows, les Flèches d’Argent. Une appellation née d’un coup de lime… et d’un génie marketing avant l’heure.
Une origine de légende (mais vraie ?)
L’histoire veut qu’en 1934, la toute nouvelle Mercedes W25 dépasse la limite de poids autorisée par le règlement des Grand Prix : 750 kg. Pour gagner les quelques kilos nécessaires, l’écurie aurait tout simplement décapé la peinture blanche de la carrosserie, laissant à nu l’aluminium brillant du châssis. Résultat : la voiture respecte le poids… et domine la course dès son premier engagement au Nürburgring.
Naît alors une tradition : Mercedes, et bientôt Auto Union (future Audi), ne peindront plus leurs monoplaces. Ce gris métallique devient la couleur nationale non officielle de l’Allemagne, face au rouge italien, au bleu français et au vert britannique. Et le terme Silver Arrow entre dans la légende.
Une couleur transversale
Ce qui fait la force de la teinte argent chez Mercedes, c’est sa capacité à transcender les catégories. Des berlines Classe S aux bolides AMG GT, en passant par les flèches modernes de Lewis Hamilton, l’argent reste une constante. Elle symbolise autant la technologie que la tradition, la performance que le prestige.
Au fil du temps, Mercedes a décliné sa couleur culte en plusieurs variantes :
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Iridium Silver, la plus répandue : lumineuse, légèrement froide
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Brilliant Silver, plus neutre, au ton légèrement chaud
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Alubeam Silver, ultra-métallisée, exclusive aux modèles AMG haut de gamme
Et si l’écurie de F1 a parfois changé de robe (notamment en noir sous l’ère Hamilton-Russell), les fans savent que la véritable couleur de Mercedes, c’est l’argent, à jamais liée à la vitesse.
Le code couleur
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Nom : Iridium Silver Metallic (code 775)
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Autres variantes :
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Brilliant Silver
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Alubeam Silver
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Modèles emblématiques : Mercedes W25, 300 SLR, AMG GT, Classe S, F1 W11
Le saviez-vous ?
La célèbre Mercedes 300 SLR « Uhlenhaut Coupé », peinte en Silver, a été vendue aux enchères en 2022 pour un montant record de 135 millions d’euros, devenant la voiture la plus chère jamais adjugée. Une Flèche d’Argent qui brille encore… mais désormais dans un coffre-fort de collectionneur.
🇫🇷 Bugatti – Bleu de France, le raffinement à la française
Il est des couleurs qui racontent une nation, une époque, une ambition. Le Bleu de France, teinte emblématique de Bugatti, incarne tout cela à la fois. Héritage des premières compétitions automobiles internationales, ce bleu royal est depuis un siècle la signature chromatique du raffinement mécanique à la française, subtilement posé sur des bolides d’exception.
Une couleur nationale avant d’être une icône
Dans les années 1920, la réglementation des compétitions impose à chaque pays une couleur officielle. Pour la France, ce sera le bleu, décliné à l’origine dans des tons très soutenus, proches du bleu roi. Bugatti, alors installée à Molsheim en Alsace, s’approprie cette couleur pour ses voitures de Grand Prix, affirmant son enracinement français, malgré les origines italiennes d’Ettore Bugatti.
Les Type 35, Type 51, puis plus tard la sublime Type 57G « Tank », courent et triomphent dans ce bleu vif et élégant, souvent rehaussé d’un cerclage de roues aluminium ou de touches chromées. Le Bleu de France devient vite synonyme de performance et d’élégance tricolore.
Le bleu comme patrimoine vivant
Dans sa renaissance sous pavillon allemand au sein du groupe Volkswagen, Bugatti aurait pu délaisser ses racines. Mais non : la couleur bleue reste omniprésente. Dès la Veyron, puis avec la Chiron, les versions modernes arborent souvent des configurations bi-ton avec du bleu métallisé profond, ou même du Bleu Royal Matt, hommage contemporain au bleu d’antan.
Le Bleu de France n’est plus seulement un clin d’œil historique : c’est une composante essentielle de l’image de Bugatti. Chaque création, qu’elle soit destinée à battre des records ou à orner les allées de Pebble Beach, reste fidèle à cet héritage chromatique.
Le code couleur
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Nom commercial : Bleu de France (historique), Bleu Bugatti, Bleu Royal
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Types de finition : Solide à l’origine, aujourd’hui métallisé ou satiné
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Modèles emblématiques : Type 35, Type 57G, Veyron Bleu Centenaire, Chiron, Bolide
Le saviez-vous ?
En 2009, pour célébrer son 100e anniversaire, Bugatti a présenté quatre Veyron spéciales, chacune dans la couleur d’une nation de course historique. La version française ? Bien sûr, en Bleu de France éclatant, posée sur des jantes polies et un intérieur crème. L’élégance à la française… propulsée à plus de 400 km/h.
Autres couleurs emblématiques
Certaines teintes, bien que moins universellement liées à l’identité d’une marque que le Rosso Corsa ou le British Racing Green, ont su marquer durablement les esprits. Elles incarnent une époque, un modèle ou une philosophie particulière, et méritent pleinement leur place dans le panthéon chromatique de l’automobile.
🇮🇹 Alfa Romeo – Rosso Alfa
Le Rosso Alfa est l’interprétation italienne du rouge passion, plus sombre et plus satiné que celui de Ferrari. C’est une teinte emblématique des berlines sportives et des coupés Alfa des années 70 à aujourd’hui, de la Giulia Sprint à la Giulia Quadrifoglio.
🇩🇪 BMW – Estoril Blue / Laguna Seca Blue
Deux teintes cultes de la gamme Motorsport de BMW : l’Estoril Blue (code B45), utilisé sur les M3 E36 et les M Sport modernes, et le Laguna Seca Blue (code 448), turquoise intense emblématique de la M3 E46.
🇺🇸 Dodge – Plum Crazy
Née dans les années 1970 avec les High Impact Colors, Plum Crazy est un violet profond, provocateur, typiquement Mopar. Il fait son grand retour sur les Charger et Challenger Hellcat, plus flashy que jamais.
🇺🇸 Chevrolet – Hugger Orange
C’est l’orange des Camaro SS de 1969, une teinte vive, presque agressive, associée à la culture drag strip. Réutilisée sur plusieurs générations, c’est une couleur emblématique de la muscle car attitude.
🇮🇹 Lamborghini – Verde Mantis
Si Ferrari hurle en rouge, Lamborghini crie en vert. Verde Mantis est le vert fluo utilisé sur les Huracán, Aventador, et aujourd’hui Revuelto. Difficile d’être plus voyant, mais c’est précisément l’idée.
🇩🇪 Porsche – Guards Red / Silver Metallic
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Guards Red : un rouge éclatant associé aux 911 Carrera des années 80 et 90.
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Silver Metallic : l’argenté discret, mais iconique, utilisé dès les 550 Spyder et jusqu’à la GT3 actuelle.
🇫🇷 Renault – Jaune Sirius
Le jaune métal signature des RS modernes (Clio, Mégane), teinte associée aux performances made in Renault Sport. Visible, distinctif, et assumé.
🇺🇸 Cadillac – Pearl White / Black Raven
Cadillac, c’est le luxe à l’américaine. Le Pearl White incarne l’élégance intemporelle, tandis que le Black Raven évoque la prestance imposante des limousines et SUV Escalade.
Conclusion – Une histoire de couleurs, une affaire de passion
Que seraient nos voitures de légende sans leurs couleurs mythiques ? Le Rosso Corsa de Ferrari, le British Racing Green de Jaguar ou le Bleu Alpine ne sont pas de simples choix de peinture. Ce sont des emblèmes visuels, des prolongements de l’ADN des marques, des symboles de nationalité, d’audace, de luxe ou de performance.
Chaque teinte raconte une histoire singulière : celle d’un pays, d’une époque, d’un pilote ou d’un ingénieur. Parfois imposées par les règlements de course, parfois choisies par conviction esthétique ou stratégie marketing, ces couleurs ont traversé les décennies, les générations, et même les frontières. Elles sont devenues indissociables de certains modèles, à tel point qu’on ne conçoit pas une Ferrari sans rouge, une Mustang sans Grabber Blue ou une McLaren sans Papaya Orange.
Mais au-delà des codes et des traditions, ces couleurs nous touchent parce qu’elles parlent à notre imaginaire de passionnés. Elles évoquent une première affiche punaisée au mur, une miniature qu’on ne voulait pas prêter, un frisson devant un feu rouge ou un souvenir partagé lors d’un rassemblement.
Aujourd’hui encore, dans un monde automobile de plus en plus technologique et normé, ces couleurs conservent leur pouvoir émotionnel. Elles nous rappellent que l’automobile peut être un art, une culture, un terrain d’expression. Un simple coup d’œil à une teinte bien choisie, et tout revient : le bruit, l’odeur, la lumière, la vitesse.
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